On peut différencier et classer les guimbardes selon différents critères, mais le plus pertinent semble être celui de la facture, c'est à dire la fabrication de l'instrument. En effet, ce critère est déterminant, plus que le matériau en lui même, de la façon dont la guimbarde est jouée, même s'il existe des exceptions...

instrument hétéroglotte : le cadre et la languette sont deux pièces différentes, et cette dernière est fixée sur le cadre :





instrument idioglotte : le cadre et la languette sont découpés dans la même pièce de matière :


 

"Guimbarde : instrument non musical, dont on joue en le saisissant fébrilement avec les dents et en tentant de l'écarter avec le doigt" - Ambrose Bierce, "Le Dictionnaire du Diable"

Les guimbardes

On parle de la guimbarde, mais il s'agit en fait DES guimbardes. L'instrument  est recensé dans plus de 30 pays, prends autant de formes différentes, et peux être désignée par un millier de noms, qui précisent parfois le matériau duquel il est tiré (fer et acier, bien sur, mais aussi cuivre, laiton, bambou, bois, os, bois d'animaux).

En Europe, la guimbarde ressemble souvent à cette drymba Ukrainienne : cadre arrondi, branches autour de l'embouchure plutôt courtes.

Plus au Nord, les branches s'allongent, le cercle du cadre se resserre, et la forme des instruments Norvégien ou Finlandais est plus proche de ceux de Sibérie ou de l' Altaï russe, comme ce khomus.

L'Asie du sud-est offre une immense variété d'instruments, et bien évidemment, le bambou est le matériau de prédilection, avec ou sans ficelle de traction, comme ce kubing des Philippines.


Origines de la guimbarde


Avec l'aimable autorisation de Michael Wright, je vous propose un traduction de son article "The Search For The Origins Of The Jew’s Harp", Silk Road newsletter, Spring 2005.

Version Originale sur le Site Web Silk Road

Fonctionnement



    Le principe est celui de l'anche libre : c'est à dire une languette tenue à sa base et vibrant librement à l'autre extrémité. En passant dans l'espace très mince entre la languette et le cadre, l'air est comprimé et accéléré, et le son est produit.

    A la base, une seule note est émise, correspondant à la fréquence de vibration de la languette. La bouche se pose évidemment à l'embouchure, enserrant  plus ou moins hermétiquement le cadre.

    Les variations du volume de la bouche et de la gorge, les mouvements de la langue, jouent le rôle de filtres, et permettent de sélectionner certaines harmoniques, et de les amplifier. Elles se superposent alors au bourdon de la languette, mais permettent de créer des mélodies.

    Vous trouverez plus de précisions à ce sujet dans la rubrique Comment Jouer